Dans la perspective du renforcement des capacités et de la professionnalisation des acteurs de la commande publique en Guinée, une délégation conjointe de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) et de la Banque mondiale a effectué, le jeudi 1er octobre 2026, une visite de travail au Centre national de perfectionnement à la gestion (CNPG). Conduite par le Directeur Général de l’ARMP, Dr Mohamed Diallo, avec la participation de Koulako Camara et Abdoulaye Keita de la Banque mondiale, la mission visait notamment à apprécier les capacités d’accueil, les infrastructures et l’expertise du CNPG en matière de formation professionnelle. Cette démarche s’inscrit dans la recherche de structures susceptibles d’accueillir des programmes de formation de courte durée consacrés à la commande publique.
Accueillie par le Directeur Général du CNPG, Mohamed Condé, la délégation a d’abord eu une séance de travail avec les responsables du Centre. Les échanges ont permis de préciser les objectifs de la démarche, mais également de revenir sur les besoins de professionnalisation des différents acteurs qui interviennent dans la chaîne de la commande publique.
Au-delà de la visite des installations, la rencontre a surtout permis à l’ARMP, à la Banque mondiale et au CNPG d’examiner les perspectives d’une collaboration autour de programmes de formation adaptés aux réalités et aux besoins du secteur. Introduisant les échanges, le Directeur Général de l’ARMP, Dr Mohamed Diallo, a situé la visite dans le prolongement des discussions engagées entre les différentes parties.
« L’objectif, c’est d’aller dans le sens de la collaboration que nous voudrions développer avec la Banque mondiale, le CNPG et l’ARMP pour les programmes de formation que nous voulons mettre en place en République de Guinée », a-t-il expliqué.
Pour le Directeur Général de l’ARMP, il s’agit, dans un premier temps, de visiter les centres existants afin d’apprécier leurs capacités et de déterminer ceux qui répondent aux critères nécessaires pour accueillir des formations dans le domaine de la commande publique.
« L’idée est de pouvoir visiter les centres existants et de voir lesquels répondent aux critères à la fois de la Banque mondiale et de l’ARMP pour pouvoir dispenser des formations en commande publique », a précisé Dr Mohamed Diallo. Cette étape devrait également permettre aux parties prenantes d’avancer sur les modalités d’une éventuelle convention encadrant la mise en œuvre des formations.
Des besoins de formation qui reviennent régulièrement
Pour Koulako Camara, de la Banque mondiale, l’identification des centres de formation répond à un besoin concret, exprimé aussi bien par les acteurs publics que par le secteur privé. Elle a notamment rappelé qu’un atelier de sensibilisation consacré aux opportunités d’affaires offertes par la Banque mondiale avait permis de faire ressortir, une nouvelle fois, la nécessité de renforcer les connaissances des entreprises en matière de passation des marchés.
Toutes n’ont pas nécessairement besoin de suivre de longues formations spécialisées. Pour certaines, l’enjeu est plutôt de maîtriser des thématiques précises leur permettant de mieux préparer leurs offres, d’améliorer leur compétitivité et de saisir davantage les opportunités offertes par la commande publique.
« Ce besoin de formation en passation des marchés revient régulièrement. Il est récurrent », a souligné Koulako Camara.
La représentante de la Banque mondiale a également insisté sur la place de l’ARMP dans le dispositif envisagé. Les formations qui seront retenues devraient être réalisées en collaboration avec l’Autorité de régulation et pourraient porter aussi bien sur les procédures nationales que sur celles de la Banque mondiale. L’initiative viendrait compléter d’autres dispositifs de professionnalisation, notamment les cursus universitaires consacrés à la commande publique.
La professionnalisation, un enjeu majeur
Abdoulaye Keita, de la Banque mondiale, a replacé la démarche dans un contexte plus large. Selon lui, les travaux de diagnostic du système guinéen des marchés publics ont notamment fait ressortir des insuffisances en matière de capacités. « Parmi les axes majeurs qui se sont dégagés, il y a le déficit de capacités, qui est vraiment un problème réel », a-t-il indiqué, soulignant la place importante accordée à la professionnalisation dans les recommandations formulées à l’issue de l’évaluation du système.
Il a également rappelé l’évolution des procédures de la Banque mondiale depuis la réforme de 2016, marquée par une responsabilisation accrue des emprunteurs dans l’exécution des projets. Cette évolution rend le renforcement des compétences encore plus nécessaire. Une mauvaise maîtrise des procédures peut, en effet, entraîner des irrégularités et conduire, dans certains cas, à l’inéligibilité de certaines dépenses.
Pour prévenir ces situations, l’accent est mis sur l’accompagnement et la formation des acteurs chargés de mettre en œuvre les projets. « L’emprunteur doit disposer de ressources humaines qui comprennent bien les procédures et savent correctement les appliquer », a expliqué Abdoulaye Keita.
La Banque mondiale soutient ainsi plusieurs approches complémentaires : programmes de stage et d’immersion, formation universitaire diplômante et modules de courte durée destinés aux professionnels déjà en activité. Dans le dispositif envisagé, la Banque mondiale entend jouer un rôle d’appui, tandis que le partenariat sera porté au niveau local, notamment avec l’ARMP.
Le CNPG met en avant son expérience
Face à ses hôtes, le Directeur Général du CNPG, Mohamed Condé, a présenté l’expérience et les capacités de son institution. Créé en 1967, le Centre a, selon son Directeur Général, contribué à la formation de nombreux cadres guinéens et développé une expertise particulière dans l’ingénierie de la formation.
Le CNPG dispose également d’une expérience dans le domaine de la commande publique. Mohamed Condé a rappelé qu’un programme de formation et de certification avait déjà été engagé, à partir de 2024, en partenariat avec les structures compétentes en matière de marchés publics et de finances.
Une première phase avait permis de former 150 personnes sur les 300 initialement prévues. Le programme avait toutefois été interrompu avant son terme. Pour le Directeur Général du CNPG, sa relance pourrait venir compléter les nouvelles initiatives envisagées en matière de professionnalisation.
« J’en ai discuté avec le DG de l’ARMP, qui est vraiment disposé à ce que nous puissions relancer ce programme », a-t-il indiqué, évoquant la possibilité d’un accompagnement dans cette perspective.
Douze salles de formation présentées à la délégation
Après les échanges, place à la visite de terrain. Mohamed Condé a conduit la délégation à travers les différentes installations du CNPG. Le Centre dispose de douze salles de formation équipées, selon son Directeur Général. Les infrastructures font l’objet d’un entretien et d’un renouvellement réguliers afin d’offrir un cadre adapté aux professionnels issus aussi bien de l’administration publique que du secteur privé. Le CNPG a également mis en avant sa spécialisation dans les formations de courte durée et la formation continue des personnes déjà en activité.
Son expertise couvre plusieurs étapes du processus : identification des besoins, ingénierie pédagogique, conception des modules, organisation des sessions et évaluation des dispositifs de formation. « Notre mission consiste à mettre à jour les compétences des cadres et, plus généralement, des travailleurs », a expliqué Mohamed Condé.
Cette visite constitue ainsi une étape exploratoire dans le processus d’identification des capacités nationales susceptibles d’accompagner le renforcement des compétences dans le domaine de la commande publique.
Pour l’ARMP, l’enjeu va au-delà de l’organisation ponctuelle de sessions de formation : il s’agit de contribuer progressivement à la professionnalisation des acteurs, afin de disposer de ressources humaines mieux préparées aux exigences croissantes de la commande publique et à l’évolution des procédures nationales et internationales.

