À peine plus d’un mois après sa prise de fonctions, le Directeur Général de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP), Dr Mohamed Diallo, pose les bases de sa vision pour les cinq prochaines années. Devant le personnel de l’institution, le mercredi 30 septembre 2026, il a présenté les grandes orientations du Plan stratégique 2026-2031, avec en perspective une évolution de l’ARMP vers une Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), davantage tournée vers la performance, la transparence et les résultats.

Nommé Directeur Général de l’ARMP le 18 août 2026 et installé dans ses fonctions le 20 août, Dr Mohamed Diallo avait, dès ses premiers échanges avec le personnel, affiché sa volonté d’inscrire son action dans une dynamique de réforme et de travail collectif.
Cette ambition prend désormais forme à travers un Plan stratégique couvrant la période 2026-2031, dont les grandes orientations ont été présentées au personnel de l’institution.
Au cœur de cette vision : préparer l’avenir de la régulation de la commande publique en Guinée et donner à l’ARMP les moyens de jouer pleinement son rôle dans la transformation du système.
« L’idée est que nous avons une Autorité de Régulation des Marchés Publics. On veut aller vers une Autorité de régulation de la commande publique », a expliqué Dr Mohamed Diallo en introduisant la rencontre.
Une stratégie nourrie par les recommandations de MAPS II
La réflexion engagée par la Direction Générale s’appuie notamment sur les enseignements de l’évaluation du système national de passation des marchés publics selon la méthodologie MAPS II, menée avec l’appui de la Banque mondiale.
L’exercice, engagé en Guinée depuis 2024, vise à identifier les forces et les faiblesses du système national afin de dégager des pistes d’amélioration. Une étape importante avait été franchie en novembre 2025 avec la validation de la matrice des sous-indicateurs et du plan stratégique issus du processus d’évaluation.
Pour le Directeur Général de l’ARMP, les enseignements de cette évaluation doivent désormais être traduits en actions concrètes.
Les réformes envisagées dépassent ainsi le seul périmètre de l’Autorité de Régulation. Elles concernent également les autres composantes de l’écosystème de la commande publique, notamment le contrôle des marchés publics, les partenariats public-privé, la professionnalisation des métiers, les audits ainsi que l’évolution du cadre institutionnel.
« Il est de notre devoir, en tant qu’Autorité de régulation, de savoir déjà ce qu’on veut et quelle structure nous voulons pour demain », a insisté Dr Mohamed Diallo.
L’une des orientations majeures présentées au personnel concerne la transformation envisagée de l’ARMP en Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP).
Au-delà d’un changement institutionnel, cette évolution devrait permettre d’élargir l’approche de la régulation à l’ensemble de la commande publique.
La future structure imaginée par la Direction Générale devra notamment placer la transparence, la performance et l’obligation de résultats au centre de son fonctionnement.
« L’ARCOP que nous voulons pour demain doit être une ARCOP orientée résultats, qui va être gouvernée par la transparence et la performance », a déclaré le Directeur Général.
Cette vision doit également permettre de mieux articuler les réformes institutionnelles, les recommandations issues des audits successifs des marchés publics et les initiatives déjà engagées en matière de professionnalisation.
Pour Dr Mohamed Diallo, les conclusions des audits ne doivent pas rester sans suite. Elles doivent nourrir la programmation des réformes et permettre de corriger progressivement les insuffisances constatées dans le système.
La professionnalisation constitue justement un autre pilier du projet.
L’ARMP dispose déjà d’une stratégie dans ce domaine. Mais les évolutions institutionnelles et celles du système national rendent nécessaire son actualisation, selon le Directeur Général.
L’enjeu est notamment de disposer, à terme, de professionnels mieux formés et capables de répondre aux nouvelles exigences de la commande publique, dans un environnement marqué par les réformes et la dématérialisation croissante des procédures.
Cette orientation s’inscrit dans une dynamique plus large déjà engagée par l’institution en matière de renforcement des capacités et de modernisation de la commande publique.
Un document à construire avec le personnel
La démarche voulue par la Direction Générale se veut participative. La présentation du plan stratégique ne constitue donc pas l’aboutissement du processus, mais plutôt le point de départ d’un travail interne appelé à mobiliser les différentes directions de l’ARMP.
Les documents de travail seront mis à leur disposition afin que chaque entité puisse examiner les activités relevant de son domaine, proposer des ajustements et enrichir le contenu.
« Vous allez faire ce travail de fond et de détail, pour que ce soit un produit fini qui appartienne à l’ARMP, en premier ressort », a indiqué Dr Mohamed Diallo au personnel.
Cette appropriation interne doit permettre de bâtir un document qui reflète non seulement la vision de la Direction Générale, mais également les réalités opérationnelles et les priorités identifiées par les différentes composantes de l’institution.
Une fois consolidé à l’interne, le document devrait être soumis au Conseil de Régulation pour examen et validation.
La démarche doit ensuite être élargie aux autres acteurs de l’écosystème à travers un atelier national. Cette étape permettra de confronter les orientations retenues aux contributions des différentes parties prenantes de la commande publique.
L’objectif est de parvenir à un document stratégique capable de guider simultanément l’action de l’ARMP et les réformes institutionnelles envisagées dans le secteur.
À travers cette démarche, Dr Mohamed Diallo entend inscrire la transformation de l’institution dans une trajectoire clairement définie sur cinq ans, tout en associant le personnel et les autres acteurs concernés à sa construction.
La philosophie du projet tient en une ambition résumée par le Directeur Général : aller vers « une régulation responsable au service de la commande publique et de la population guinéenne ».
Avec le Plan stratégique 2026-2031, l’ARMP entend ainsi dépasser une logique centrée uniquement sur les procédures pour inscrire davantage la régulation dans une culture de résultats, de transparence, de professionnalisation et de performance au service de la République.

