Pour sa première sortie officielle depuis sa nomination, le Directeur Général de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) de Guinée, Dr Mohamed Diallo, a choisi Dakar. À la tête d’une délégation de onze responsables, il a effectué depuis le 7 septembre 2026 une mission d’immersion auprès de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) du Sénégal.
Cette visite intervient alors que la Guinée prépare une évolution majeure : le passage de l’ARMP à une Autorité de Régulation de la Commande Publique. Une transformation qui dépassera le simple changement de nom, puisqu’elle touchera également l’organisation institutionnelle, les méthodes de travail et l’accompagnement des acteurs.
Réunissant notamment des représentants du Conseil de régulation, de la Direction Générale du Contrôle des Marchés Publics, du Secrétariat Général de la Présidence, de l’Unité PPP et de TELEMO, la délégation guinéenne souhaite comprendre comment le Sénégal a conduit ses réformes. Les échanges portent sur la régulation, les audits, le financement de l’institution, la formation des acteurs, les achats publics durables et les relations avec le secteur privé.
La digitalisation constitue l’un des principaux sujets de la mission. Grâce à sa plateforme APPEL, le Sénégal a acquis une expérience concrète de la dématérialisation des procédures. L’ARMP Guinée entend en tirer des enseignements utiles pour le déploiement de TELEMO, notamment en matière d’organisation, d’assistance aux utilisateurs et d’adhésion des opérateurs économiques.
Il ne s’agit cependant pas de copier le modèle sénégalais. L’ambition est d’en retenir les pratiques les plus pertinentes et de les adapter aux réalités guinéennes. Pour Dr Mohamed Diallo, apprendre des expériences déjà menées permet d’anticiper certaines difficultés et de mieux préparer les changements à venir.
Au cours des échanges, le Directeur Général de l’ARCOP du Sénégal, Dr Moustapha Djitté, a également défendu une conception ouverte de la régulation. À ses yeux, le régulateur ne doit pas être perçu comme celui qui freine les projets, mais comme une institution disponible, capable d’écouter, d’expliquer les règles et d’aider les acteurs à trouver des solutions conformes aux textes.
Cette approche place la pédagogie et la communication au cœur de la réforme. Car la modernisation de la commande publique ne dépend pas seulement de nouveaux textes ou d’une plateforme numérique. Elle repose aussi sur la qualité du dialogue entre le régulateur, les autorités contractantes et le secteur privé.
La mission devrait enfin déboucher sur l’actualisation de la convention de coopération entre les deux institutions. Pour l’ARMP Guinée, cette immersion représente ainsi une étape concrète vers une régulation plus moderne, plus accessible et davantage tournée vers la performance de l’action publique.
Il convient de rappeler que Cette mission d’immersion, organisée et financée par Expertise France dans le cadre de la composante 6 du programme AMRIC consacrée à la commande publique, bénéficie de l’appui financier de l’Agence française de développement (AFD) et de l’Union européenne. Elle traduit l’engagement de ces partenaires aux côtés de la Guinée pour renforcer les capacités des institutions, moderniser la régulation et accompagner la transformation du système national de la commande publique.
Avec la source requise : Arcop Sénégal

