Après le voyage d’étude à l’ARCOP du Burkina où le master professionnel en commande publique n’est pas encore opérationnel – la certification des acteurs de la commande publique, selon les trois niveaux (Gestion des marchés publics, Contrôle des marchés publics et Régulation des marchés publics) s’organise rigoureusement -, c’est fut le tour de la Côte d’Ivoire d’accueillir récemment une mission dépêchée par l’ARMP Guinée.
L’objectif, c’est de s’imprégner des bonnes pratiques, d’organisation et de gestion relatives à l’élaboration, à la gestion ainsi que l’évaluation du programme de master en commande publique coconstruit entre l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) et l’Institut National Polytechnique Felix Houphouet Boigny (INP-HP) en Côte-d’Ivoire.
Un modèle à expérimenter ?
Le choix de ce pays est loin d’être anodin. En effet, cette ARCOP est en partenariat avec l’Ecole Supérieure de Commerce et d’Administration des Entreprises (ESCAE) de l’Institut National Polytechnique Félix-Houphouët Boigny dans l’élaboration et la gestion d’un programme de Master Professionnel en Commande Publique (MPCP). Cedit programme vieux d’un an environ avec 50 auditeurs pour les deux master 1 et 2 couvre toutes les phases (Précontractuelle, contractuelle et post contractuelle) et tous les aspects de la commande publique (juridique, économique et technique).
Il y a lieu de rappeler auparavant que dans le cadre de la professionnalisation une accréditation professionnelle des acteurs a été réalisée. C’est ainsi que 461 acteurs ont été accrédités « Manager Spécialiste des Marchés Publics » de 2021- 2025 par l’Institut SETYM International de Canada- Québec, en collaboration avec l’Ecole des Sciences de Gestion de l’Université de Québec-Canada.
Quoi qu’il en soit, en créant ce MPCP, l’ARCOP vise à doter les auditeurs de toutes les connaissances théoriques et pratiques, afin de pouvoir être opérationnels immédiatement à l’issue de leur formation et outillés à exercer tous les métiers de la commande publique. Un modèle qui pourrait être expérimenté par la partie guinéenne, en lieu et place d’un mécanisme de spécialisation des auditeurs.
Un master aux multiples dimensions
Pour mieux s’imprégner de cette réalité dans ses multiples dimensions pédagogique, économique, environnementale, juridique et fiscale, la délégation guinéenne a eu droit à des séances de travail réalisées dans les locaux de l’ARCOP et ceux de l’INP-HP exposant les responsabilités du Comité technique, du Comité de pilotage du programme, les grandes dates de l’INP-HP, les sources de financement, les coûts de la formation, les filières de formation, les modules de formation, le bassin de formateurs, la procédure de sélection des formateurs, la stratégie de professionnalisation des acteurs de la commande publique, etc.
Des constats à analyser
A l’issue des différents échanges, débats constructifs, un certain nombre de constats se sont dégagés. Il s’agit notamment :
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Le programme de Master Professionnel est ouvert en formation initiale appelée master1 et en formation continue (master 2), avec des critères bien précis donnant la latitude à des auditeurs non-ivoiriens de postuler. La pédagogie active et en l’andragogie appuyé par des études de cas pratique constitue l’approche optée par le personnel encadrant.
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Le MPCP est financé par l’ARCOP, avec un effectif de 25 par niveau d’étude pour cette phase pilote. La dimension genre a été tenue en compte (13 femmes en M1 dont le coût de formation par an est de 4 millions CFA, tandis que qu’au M2, on note la présence de 7 femmes avec un coût annuel de 4 millions deux cents mille CFA. L’ARCOP accorde aux auditeurs nationaux régulièrement inscrits une subvention d’un millions cinq cent mille CFA par an. La formation s’effectue uniquement en présentiel.
o Le MPCP est gouverné par un Comité de pilotage et Comité technique (ARCOP, INP-HB, etc.).
Il faut rappeler que la mission guinéenne a été conduite par Thierno Fodé Sow, le Directeur de la Formation et des Appuis Techniques de l’ARMP. Elle était composée des représentants de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia Conakry avec qui le programme de master est coconstruit, ceux de l’ARMP ainsi que d’un cadre de la direction générale du contrôle des marchés publics.

