Une délégation de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP Togo) a effectué, le lundi 11 mai 2026, une mission de travail auprès de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP Guinée) à Conakry, dans le cadre du renforcement de la coopération sous-régionale contre la fraude documentaire dans les procédures de passation des marchés publics.
Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de mutualisation des efforts entre institutions de régulation confrontées à la recrudescence des faux documents administratifs, techniques et financiers utilisés par certaines entreprises dans les appels d’offres publics. Un phénomène qui prend souvent la forme de groupements associant des entrepreneurs nationaux à des partenaires étrangers, ces derniers fournissant généralement les références techniques et financières nécessaires pour satisfaire aux exigences des dossiers d’appel d’offres.
Recevant la délégation togolaise au siège de l’institution, le Directeur Général de l’ARMP Guinée, Lamine Minos Camara, entouré de ses collaborateurs, a salué cette initiative de coopération entre homologues africains.
« Nous sommes très heureux de vous recevoir. J’espère que l’exercice de cette coopération va bien se passer. Nous sommes à votre entière disposition », a-t-il déclaré.
Le patron de l’ARMP Guinée a également indiqué qu’un accord de partenariat entre les deux institutions devrait être signé dans les prochains jours afin de formaliser plusieurs axes de collaboration, notamment le partage d’informations, la mise en place de points focaux et le développement de mécanismes opérationnels de vérification documentaire.
Au cours des échanges, les deux parties ont constaté que la plupart des autorités de régulation de la sous-région font face aux mêmes défis liés à l’authentification des documents fournis par les soumissionnaires dans les marchés publics. Cette convergence de réalités a renforcé la volonté commune de bâtir une coopération technique plus efficace afin de lutter contre les réseaux de fraude documentaire.
Chef de mission de la délégation togolaise, Hillah Messan, magistrat et Directeur des investigations et enquêtes à l’ARCOP Togo, a livré un témoignage particulièrement édifiant sur les difficultés rencontrées par son institution dans le traitement de certains dossiers.
Selon lui, les demandes de vérification adressées aux institutions homologues tardent souvent à obtenir des réponses, compromettant parfois la prise de décision des autorités de régulation.
« Nous sommes de plus en plus confrontés à la fraude documentaire dans le cadre de la passation des marchés publics. Cette fraude se manifeste notamment à travers l’apparition de groupements constitués d’un entrepreneur national associé à un partenaire étranger », a expliqué Hillah Messan.
Le responsable togolais a illustré ses propos par un cas concret survenu récemment au Bénin. Une mission de vérification menée à Cotonou avait révélé des contradictions importantes entre les premières informations reçues et la réalité constatée sur le terrain, obligeant les enquêteurs à effectuer eux-mêmes les déplacements pour authentifier les documents incriminés.
« Nous voulons attirer l’attention de nos homologues régulateurs sur le fait que nos frontières ne doivent plus servir de refuge ou de terrain favorable à la circulation de faux documents », a-t-il insisté.
Face aux contraintes logistiques et financières que représentent ces missions de vérification, l’ARCOP Togo a entrepris une tournée auprès de plusieurs autorités de régulation de la sous-région, notamment au Mali, au Niger, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et en Guinée.
À travers cette initiative, les responsables togolais souhaitent promouvoir une dynamique régionale fondée sur la reconnaissance mutuelle, le partage d’expériences et la coopération renforcée entre institutions de contrôle et de régulation des marchés publics.
Les discussions ont également mis en avant la nécessité de créer des mécanismes de collaboration plus rapides et plus opérationnels, notamment à travers la désignation de points focaux chargés d’échanger directement les informations avant même les procédures officielles de correspondance.
Pour les deux institutions, cette coopération pourrait constituer le point de départ d’une stratégie communautaire plus large de lutte contre la fraude documentaire dans les marchés publics en Afrique de l’Ouest, au service de la transparence, de l’intégrité et de la bonne gouvernance dans la commande publique.

