Spécialiste reconnu des questions de passation des marchés, le cabinet International Consultants for Procurement (ICP SARL) a organisé, jeudi 2 avril 2026 à Conakry, une session de Procurement Clinic consacrée à l’étude comparative des offres anormalement basses (OAB). Cette formation a mis en regard le règlement de passation des marchés de la Banque mondiale et les procédures du Code des marchés publics de la République de Guinée.
Cette session visait notamment à permettre aux participants de maîtriser les méthodes d’identification, d’analyse et de traitement des offres anormalement basses, conformément au cadre réglementaire national et aux standards internationaux, notamment ceux de la Banque mondiale. La formation s’est également appuyée sur des approches pratiques intégrant les risques juridiques, techniques et financiers liés à ces offres ainsi que leurs impacts potentiels sur l’exécution des marchés publics.

À travers un programme structuré en plusieurs modules, les participants ont été outillés sur le cadre conceptuel des offres anormalement basses, le cadre juridique national impliquant les rôles de la Personne Responsable des Marchés Publics (PRMP), de la Direction Générale du Contrôle des Marchés Publics (DGCMP) et de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP), ainsi que sur les exigences du règlement de la Banque mondiale en matière d’analyse de soutenabilité des offres et de procédure contradictoire.
La formation a également mis l’accent sur les méthodologies pratiques d’identification, notamment les méthodes comparatives, statistiques et analytiques, l’analyse des prix unitaires ainsi que l’utilisation de grilles d’analyse. Des études de cas pratiques ont permis aux participants de simuler des processus complets d’évaluation d’offres, d’analyser les justifications fournies par les soumissionnaires et de prendre des décisions motivées conformément aux règles en vigueur.

À l’origine de cette initiative, Mathieu Gnoléba, fondateur du cabinet et formateur principal, a souligné l’actualité brûlante du sujet face à la récurrence des difficultés rencontrées par les acteurs sur le terrain.
« Il était nécessaire de réunir les Personnes Responsables des Marchés Publics (PRMP) et les soumissionnaires pour aborder ensemble l’approche méthodologique : définir une offre anormalement basse, mais surtout maîtriser les procédures permettant de la rejeter en toute conformité », a-t-il expliqué.
Selon lui, les échanges ont fait apparaître un besoin clair de renforcement des capacités techniques des acteurs afin d’améliorer la qualité des décisions prises dans le processus d’évaluation des offres.
La séance de clôture a été présidée par M. Lamine Minos Camara, Directeur Général de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP). Dans son allocution, ce dernier a salué la pertinence du thème et la qualité des échanges, étayés par des cas pratiques.
« Ces acquis faciliteront le traitement des offres anormalement basses conformément au Code des marchés publics et au règlement de la Banque mondiale. Cela favorisera une parfaite collaboration pour la commande publique », a-t-il déclaré.
Il a également rappelé que ce type de formation contribue à renforcer la professionnalisation des acteurs de la commande publique, en leur permettant notamment d’identifier les offres anormalement basses, d’analyser les justifications fournies par les entreprises, de documenter techniquement leurs décisions et de rédiger des notes techniques conformes aux exigences nationales et internationales.
Le Directeur Général de l’ARMP en a profité pour rappeler les grandes lignes du programme de certification à trois (3) niveaux que son institution envisage (passation et gestion, contrôle, régulation), avant d’évoquer le futur master en commande publique à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia.
« Il est temps de nous remettre en question au regard des enjeux de l’ambitieux programme SIMANDOU 2040. Je vous exhorte à affiner nos stratégies pour promouvoir une commande publique exigeante au bénéfice de nos populations », a-t-il insisté.
En marge de cet événement, il convient de rappeler que le cabinet ICP International a récemment ouvert une succursale en République de Guinée, marquant ainsi son ancrage durable dans le paysage des marchés publics ouest-africain.
COM’ ARMP

