Conakry, 10 février 2026 – À la demande des autorités guinéennes, une mission d’assistance technique pluridisciplinaire du Fonds monétaire international (FMI), notamment issue de son département des finances publiques, séjourne en Guinée en ce mois de février 2026. L’objectif : renforcer l’intégrité, la cohérence et la coordination des données économiques et financières au sein des institutions publiques.
Ce programme d’appui est financé dans le cadre du projet du FMI pour la Guinée, soutenu par l’Union européenne, en accompagnement des réformes prioritaires en gestion des finances publiques (GFP). Il bénéficie également du concours du Centre régional du FMI pour l’Afrique de l’Ouest (AFRITAC Ouest).
Une mission axée sur la cartographie et le partage des données
Dans ce contexte, la mission s’est rendue le mardi 10 février 2026 au siège de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) afin de s’enquérir des missions de l’institution au sein de l’écosystème de la commande publique en Guinée.
Mfombouot Abdoulahi, expert d’AFRITAC Ouest et membre de la mission, a expliqué que cette initiative répond à une requête des autorités guinéennes visant à mettre en place une plateforme d’échange d’informations économiques et financières entre les différentes structures de la « troïca » économique et financière, notamment les départements en charge du Plan, de l’Économie et des Finances ainsi que du Budget — ces deux derniers ayant récemment fusionné.
Il a souligné le caractère inédit de cette mission, qui mobilise pour la première fois l’ensemble des conseillers d’AFRITAC intervenant dans des domaines variés tels que la dette publique, les statistiques, les comptes nationaux, le budget et la comptabilité publique. L’ambition première consiste à cartographier l’ensemble des données économiques produites quotidiennement par les administrations, afin d’améliorer leur exploitation et leur partage.
Dans le cadre de ses travaux, M. Abdoulahi est particulièrement chargé d’analyser l’état de l’exécution budgétaire et les mécanismes de contrôle. Un des modules examinés concerne les engagements juridiques, intrinsèquement liés à la commande publique et aux marchés publics.
À cet effet, des échanges ont eu lieu avec les responsables de l’ARMP ainsi qu’avec l’organe de contrôle des marchés publics. Des rencontres sont également prévues avec les organes de passation au sein des ministères.
Selon l’expert, les discussions ont été « fructueuses et constructives », permettant d’identifier sans tabou les insuffisances du système, tout en favorisant le partage d’expériences. Les échanges ont notamment porté sur la gestion des données économiques et financières liées aux marchés publics, les procédures de passation, ainsi que les mécanismes de règlement des différends entre opérateurs économiques, maîtres d’ouvrage et services compétents.
Digitalisation : des avancées, mais des marges de progression
La mission a relevé les efforts déjà engagés par les autorités en matière de modernisation et de digitalisation. Une base de données sur les marchés publics existe et est correctement tenue, bien qu’encore de manière manuelle.
Des initiatives de dématérialisation, à l’instar du système TELEMO, constituent des avancées notables. Toutefois, des marges de progression subsistent afin de renforcer l’interconnexion des systèmes et d’assurer une meilleure fluidité dans le partage des données.
COM ARMP

